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Journal Extime de Max Memmi - Page 18

  • Charlotte, un roman de David Foenkinos

    J'ai lu avec grand plaisir le roman* de David Foenkinos, édité par Gallimard en septembre 2014. C'est un très beau récit, émouvant et haletant qui retrace la vie de Charlotte Salomon, berlinoise et artiste peintre assassinée dans un camp d'extermination par ls nazis à l'âge de 26 ans alors qu'elle était enceinte après avoir été dénoncé en tant que juive, alors qu'elle espérait être en sécurité dans le sud de la France.
    L'intérêt de ce récit est multiple, d'abord d'avoir redonné vie à cette jeune femme assez exceptionnelle auteur d'une œuvre picturale  éblouissante, mais au parcours chaotique au sein d'une famille frappée par des tragédies atteignant plusieurs générations. Enfin, pour l'auteur, hanté par cette artiste, ce récit est l'occasion d'une quête qu'il portait en lui depuis longtemps. Signalons la forme très originale du récit: chaque ligne ne contient qu'une phrase, Foenkinos s'en explique au cœur même du livre: un problème de respiration, dit-il, pendant l'écriture oppressante de ce roman, car il s'agit aussi d'un roman, car même si, comme il le précise, sa principale source d'inspiration est l’œuvre autobiographie de Charlotte Salomon: " Vivre? ou Théâtre? ", on voit bien à la lecture de ce beau livre de 221 pages, qu'il n'hésite pas à prendre beaucoup de liberté, notamment en passant d'une époque à l'autre, bien au-delà de la vie si courte de son héroïne. 
    Une seule critique: je n'ai pas toujours aimé l'intrusion- heureusement pas trop fréquente-  de l'auteur au milieu du récit de la vie de Charlotte, quand, notamment, il va sur ses traces, retrouve son quartier, quelques réflexions de temps à autre ne sont pas gênants, mais quand il consacre  5 pages ( de la page 67 à la page 71) pour expliquer pourquoi et comment il a décidé d'écrire ce livre, en plein récit, cela crée une vraie rupture.
     

    * Charlotte est le 13e roman de David Foenkinos, ses livres sont traduits dans le monde entier. Il a débuté en littérature en 2002 à 28 ans, ( il a aujourd'hui 45 ans) très prolixe, touche à tout, très médiatique, malicieux, maniant l'humour pour cacher surement un fond d'inquiétude, ( écrivain, dramaturge, scénariste) il en est à son 19e ouvrage en 17 ans, répartis sur 6 maisons d'éditions. Il a obtenu de nombreux prix littéraires dont le Renaudot et le Goncourt des lycéens. Foenkinos fait partie des cinq premiers écrivains à plus fort tirages, depuis 2011, après l'adaptation au cinéma, la même année, de son roman La délicatesse, paru en 2009. 

  • Mon jardin

    Des amis lisant mon blog m'ont téléphoné ou écrit pour me demander des détails sur ces "200 " variétés dont j'ai parlées. Erreur de ma part, il ne s'agit pas du nombre de variétés mais de plantations. Je rappelle à cette occasion que les remarques peuvent être faites sous forme de commentaires dans la rubrique prévue à cet effet au sein même du blog, c'est bien mieux, tant que l'on reste courtois et même gentil, je ne suis plus en mesure de supporter la méchanceté.
    Je donne donc ci-dessous les noms de mes plantes et de mes arbres, cela me permet de les mémoriser et de leur donner vie sur ce blog:
    Arbousiers, Groseillers-fleurs, Cornouillers, Bigrones, arbres de Judée, palmiers, oliviers, Lauries, pin parasol, Cyprès de Provence, Muriers-Platane, Lilas des Indes, Chèvrefeuilles, Pommiers reine des Reinettes, Vignes, Pruniers, Spirées, Eleagnus, Abélias, Penniselum, Graminées, Caryoptéris, Berberis, Lagestrimia, Heuchères, Sauges, Miscanthus, Cerisiers-fleurs, Lavande, Ciste, Hydrangéa, Véigelia, Lonicéra, Ceandhe, Deutzia, Forsythia, Bruyères, Agapanthes, Framboisiers, Cassissiers, Groseilliers, Groseilliers maquereau, Yuccas, orangers du Mexique, Cactus de Noël, Clérophytum, Fougères et sans oublier la très belle allée de photinias aux couleurs cuivrées, rubis, émeraude, si éclatantes.
    Ouf! liste fastidieuse, mais heureux d'être arrivé jusqu'au bout, ne serait-ce qu'en hommage à la nature qui le mérite bien pour le bonheur qu'elle nous procure.

  • Adam dans toutes les fleurs de mon pêcher.

    Un ciel bleu et un soleil qui caresse la peau. Incitation à flâner dans mon jardin pour converser avec la nature, offrir des mots d'amour à chacune de mes plantes- plus de 200 variétés qui cohabitent avec bonheur- et à chacun de mes arbres. Aujourd'hui, je me suis attardé devant le pêcher, le premier parmi mes arbres fruitiers( pommiers, pruniers, etc...)  qui a libéré tous ses bourgeons pour se vêtir de son bel habit de printemps. La fleur du pêcher ressemble à un homme avec ses cinq pétales roses et délicates: on y découvre très précisément une tête, deux bras, deux jambes et un petit pénis entre les jambes: Adam est là sous mes yeux, prêt à accepter le péché de désobéissance distillé par la perfide Eve.  Je succomberai à mon tour.

  • Il y a juste un mois

    Il y a juste un mois, le journal Sud-Ouest annonçait dans sa matinale du dimanche 23 février les deux premiers décès  survenus en Italie, consécutifs à l'épidémie naissante du Coronavirus parmi les 79 personnes contaminées par ce virus. Un mois plus tard - presque un siècle, tellement la vie est au ralenti - l'Italie annonce 800 morts en un seule journée soit au total 4825 décimées par ce virus. Et, quand le même jour, la ville de Menton demande au gouvernement français la mise en place d'un plan  sanitaire d'urgence et des contrôles sévères aux frontières, on lui répond qu'il n'y a pas d'épidémie chez nous. Il aura fallu attendre un mois que 15000 personnes soient contaminées - en réalité probablement 6 fois plus - et que 600 personnes  décèdent, pour faire enfin voter cette loi, après des débats houleux, achevés seulement hier soir.

  • La peur et la nostalgie

    Malgré la propagation rapide de l'épidémie ( plus de 12.000 morts dans le monde sur les 286.000 contaminés dont 450 chez nous sur les 12.000 recensés), il n'y a encore aucune panique nulle part, de l'agacement, de la frustration et indéniablement une peur sourde très nettement ressentie, même si elle n'est pas ouvertement exprimée. Question: peut-on arriver à s'interdire d'écouter la radio, de regarder surtout la télévision puisque les informations déversées en boucle qui ne concernent plus que l'étendue de ce coronavirus, nous le savons sont foncièrement anxiogènes? refuser de savoir, se désintéresser de l'état du monde ? Ne pas aggraver notre peur devant ce sentiment de catastrophe imminente et incontournable en occupant son temps à lire, à se promener dans son jardin ( pour ceux comme moi qui on en un ) à écrire sur son blog ou mieux encore poursuivre avec ténacité l'écriture de son nouveau roman , pourquoi pas s'abandonner à des occupations anodines - à chacun ses préférences- ou confinement oblige décider enfin de classer les milliers de photos entassées dans des cartons à chaussures et/ou ses timbres de collection, tout ce qui contribuera à réveiller les souvenirs.
    En tous cas, tout inventer pour chasser cette peur sourde qui va prendre de plus en plus de place: pour ma part la hantise qu'un de mes enfants ou de mes petits-enfants soit frappé par ce terrible virus. Je crois qu'en cas de malheur,  je perdrais la raison Ma vie à moi, je considère qu'elle est derrière moi, cette vie multiple, riche, bien que souvent chaotique, à mon niveau elle me laisse un goût d'accompli malgré de nombreux ratages, des regrets et de nombreuses nostalgie, mais j'aime la nostalgie, elle nourrit l'imaginaire.