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Culture

  • Boualem Sansal

    Lettre au Nouvel Observateur, (avec l’espoir qu’elle soit publiée), par Max Memmi, romancier et essayiste.   

    En faisant du ménage dans mes archives, je tombe sur deux pages de votre journal que j’avais mises de côté, il y a exactement 20 ans puisque ces pages sont extraites du numéro daté du 16 au 22 mars 2006. Pages réalisées par François Armane et Gilles Anquetil dans la rubrique Les débats de l’Obs et consacrées à l’écrivain Boualem Sansal à l’occasion de la sortie de son livre Poste restante : Alger, lettres de colère et d’espoir à mes compatriotes. A l’époque Sansal vivait encore à Alger où il disposait apparemment d’une certaine liberté de parole. On connaît la suite : une œuvre magistrale récompensée par de très nombreux prix prestigieux dont le Grand prix de la francophonie de l’Académie française en 2013,( Distinction obtenue par mon frère Albert Memmi en 2004),  incarcéré en Algérie le 16 novembre 2024 après avoir obtenu la nationalité française 5 mois plus tôt, condamné le 27 mars 2025 à cinq ans de prison ferme, gracié le 12 novembre 2025 après avoir purgé un an de détention et enfin, ô surprise, quasiment dès son retour en France  il est élu  à l’Académie française le 29 janvier 2026.

    L’article du Nouvel Obs du 22 mars 2006 que j’ai relu avec gourmandise parce qu’il reste encore parfaitement comestible (autrement dit d’actualité) commence ainsi, je cite : « Quelles sont, selon vous, les raisons du mal-être qui ravage le pays ? Les réponses renvoient toujours à ces thèmes que nous ruminons à longueur de temps : l’identité, la langue, la religion, la révolution, l’histoire, l’infaillibilité du raïs. Ce sont là ces sujets tabous que le discours officiel a scellés dans un vocable fort : les Constantes nationales. (En gras dans votre texte). Défense d’y toucher, on est dans le sacré du Sacré. Stupeur et tremblement sont de rigueur. Ouvrons la boîte des Constantes et faisons la part des choses. » Fin de citation.

    Boualem Sansal développe ses arguments en partant de trois prétendues « affirmations » fortes qui semblent indiscutables en Algérie, donc inattaquables, mais que lui, humaniste, et universaliste convaincu, voudrait démonter (au risque d’apparaître comme un traître non seulement à sa patrie, mais aussi à l’ensemble du peuple arabe, dénigrer l’identité arabe, l’appartenance à l’islam, ne pas forcément privilégier l’arabe comme langue de sa nation, quel sacrilège ! mais en fin de compte Sansal n’a pas été emprisonné pour tout cela , mais pour avoir prétendu qu’une partie du territoire algérien était en réalité marocaine.)

    Mais revenons à nos trois axiomes :  le peuple algérien est arabe, le peuple algérien est musulman, l’arabe est notre langue.   

    Je cite à nouveau : « Le peuple algérien est arabe. Cela est vrai, mes frères, à la condition de retirer du compte les Berbères (Kabyles, Chaouis, Mozabites, Touaregs, etc. soit 80 % de la population) et les naturalisés de l’histoire (mozarabes, juifs, pieds-noirs, Turcs, coulouglis, Africains...soit 2 à 4 %). Les 16 à 18 % restants sont des Arabes, personne ne le conteste. Mais on ne peut jurer de rien, il y eut tant d’invasions, d’exodes et de retours dans ce pays, hors la couleur du ciel, rien n’est figé. Nos ancêtres les Gaulois et nos ancêtres les arabes sont de ce mouvement incessant de l’histoire, et ça laisse des traces. Moi-même, qui ait beaucoup cherché je suis dans l’incapacité de dire ma part rifaine, kabyle, turque, judéo-berbère, arabe et mon côté français ... disons que pour le moment l’Algérie est peuplée d’Algériens, descendants des Numides, et on en reste là. Cette Constante, l’affirmation entêtée d’une arabité cristalline descendue du ciel, est d’un racisme effrayant. En niant en nous cette pluralité multimillénaire et en nous retirant notre élan naturel à nous mêler au monde, elle nous voue tout simplement à la disparition. Pourquoi veut-on faire de nous les clones parfaits de nos chers et lointains cousins d’Arabie ? ... Nous sommes des Algériens, c’est tout, des êtres multicolores et polyglottes et nos racines plongent partout dans le monde. Fin de citation.

    Je cite à nouveau : « Le peuple algérien est musulman :  clamée avec cette inébranlable intention, cette Constante est une plaie, elle nie radicalement, viscéralement, les non-croyants, les non concernés et ceux qui professent une foi autre que l’islam…de là à songer à les tuer en même temps que les apostats, les mécréants, les non-pratiquants et les tenants d’une autre foi, il n’y a qu’un pas et il a été maintes fois franchi en toute bonne conscience. En validant cette constante, la Constitution, qui stipule que « l’islam est la religion de l’État » fait de l’État le garant d’un génocide annoncé et en partie réalisé...Fin de citation provisoire pour exprimer mon désaccord sur ce qu’écrit Sansal, il devient excessif en utilisant le mot de génocide, qui a toujours été employé à tort, un génocide c’est le massacre systématique et total d’un groupe, d’une communauté,   d’une population,  voire d’un peuple entier, or il est évident que l’immense majorité des musulmans,  de quelque région qu’elle soit, souhaite vivre en paix et ne rêve nullement de massacrer les non-musulmans.

    Mais laissons poursuivre Sansal : « ...Et nous voilà forcés à la peur, à la vigilance, à l’hypocrisie, à la protestation permanente…on s’invente une filiation, on se fait une barbe, on se déguise en taliban fiévreux. Du mimétisme au fanatisme, il n’y a qu’un pas. La phase suivante de l’islamisme, et elle viendra, c’est un processus cumulatif à explosions périodiques, sera infiniment plus terrible. Affirmer que le peuple algérien est musulman revient à dire : qui n’est pas musulman n’est pas des nôtres. Or tout croyant trouvera sur sa route plus croyant que lui. Si de l’étincelle ne jaillit point la lumière, alors le feu ira à la poudre. Il n’y a qu’un système qui peut nous sauver de ce processus funeste : la laïcité… »  Fin de citation. Et Boualem Sansal va ensuite jusqu’à suggérer au gouvernement algérien non seulement de « ...supprimer l’enseignement religieux de l’école publique... mais de fermer les mosquées...de réduire la puissance des haut-parleurs des minarets, etc. Une véritable révolution !

    Enfin 3e affirmation constante : « L’arabe est notre langue. Eh bien non, affirme Sansal, « ... rien n’est moins évident. L’arabe classique est langue officielle, c’est vrai, mais pas maternelle, pour personne. Chez soi, en famille, dans le clan, la tribu, le douar, le quartier, nous parlons en berbère (kabyle, chaoui, tamashek.) en arabe dialectal ou en petit français colonial, voire les trois ensemble. Personne ne le fait en arabe classique... » cela dit, après avoir longuement expliqué comment et pourquoi les différentes langues persistent en Algérie selon les lieux et les besoins, Sansal rappelle que...  « la guerre de libération a essentiellement emprunté à la langue française et à son incomparable essence révolutionnaire pour construire ses plans, véhiculer ses idées... la fameuse proclamation du 1er novembre 1954 de même que la charte de la Soummam ont été rédigées en un français que ne désapprouverait aucunement l’Académie française, encore moins maintenant que notre compatriote Assia Djebbar y siège de plein droit. Notre grand écrivain Kateb Yacine a résumé son élégante pensée en une phrase : « le Français est à nous, c’est un butin de guerre. » Une autre affirmation est que le colonialisme a nié notre identité et nos origines. Là, c’est vrai, nos ancêtres les Gaulois, était d’un ridicule accompli. Ce n’est même plus valable en France où un Français sur deux a un parent d’origine étrangère... Ainsi décortiquées, lesdites constantes nationales ne sont en fin de compte que méchantes trouvailles, nuisibles pour la République, dangereuses pour le peuple. Elles sont la mort de la vérité, de la spiritualité, du patriotisme... » Et Sansal de conclure sa lettre à ses chers compatriotes, par ces mots : « Nos constantes à nous sont simples : liberté d’être et bonheur de douter. »   

    max-memmi@wanadoo.fr

  • Albert Camus

                              Albert Camus, un phénomène inégalé.

                              Par Max Memmi, romancier et essayiste.

    Né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie, Albert Camus passe son enfance dans des quartiers pauvres et populaires. Grâce à son instituteur Louis Germain, il est admis au Grand Lycée d'Alger, puis entre en hypokhâgne à l'université, où Jean Grenier devient son professeur de philosophie.

    Orphelin de son père, Lucien Auguste Camus, né en 1885 à Oulet-Fayet en Algérie, et mort au front en octobre 1914, Camus vit avec sa mère Catherine Hélène Sintès, en partie sourde et qui ne sait ni lire ni écrire. Il n’aura donc jamais connu son père, et c’est seulement quarante-cinq ans plus tard au début de l’année 59, comme il le raconte dans son roman Le premier homme, qu’à l’occasion d’un voyage en Algérie, il se décide à chercher des informations sur son père et sur sa famille et quand il revient à Lourmarin, il détient enfin tout ce qui constituera ce grand roman dont il rêvait.   

    Malgré les conditions sociales très difficiles qu’il a vécues dans son enfance et son adolescence,  à tout juste 44 ans le 16 octobre 1957 , Albert Camus se voit attribué le prix Nobel de Littérature : consécration suprême pour tout écrivain dont il est le premier très surpris jusqu’à déclarer au début de son discours de réception à l'Académie suédoise « Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d’une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l’amitié, n’aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d’un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d’une lumière crue ? »

    Mais à 44 ans, comment pouvait – il alors imaginer qu’il ne lui resterait que 2 ans à vivre ? Camus meurt en effet brutalement le 4 janvier 1960 à l’âge de 46 ans à Villeblevin dans l’Yonne, mais il sera enterré dans le cimetière de Lourmarin dans le Vaucluse, commune où il avait acheté une maison avec la somme qui lui avait été attribuée au titre du prix Nobel. Chaque fois que je me trouve dans cette région, je ne manque jamais l’occasion de faire un détour par Lourmarin où vit encore sa fille Catherine.

    Beaucoup de femmes ont compté dans la vie de Camus, tout d’abord naturellement sa mère Catherine Hélène Sintés qui décédera en septembre 1960, 8 mois après lui .Simone Hié, sa première épouse de 1934 à 1940, mondaine et toxicomane décédée en 1970, Francine Faure sa seconde épouse 1940 à 1960 enseignante en mathématiques et pianiste française (avec laquelle il aura ses jumeaux Jean et Catherine) qui décédera en 1979 après avoir dirigé des éditions posthumes de son mari. Mais le véritable grand amour de Camus fut la comédienne Maria Casarès, son aînée de 9 ans, avec laquelle il a entretenu une volumineuse correspondance passionnée de 1944 à 1959, plus de 800 lettres qui seront publiées par sa fille Catherine en 2017. Maris Casarès décédera en 1996.    

    Albert Camus est un phénomène inégalé, non pas parce que sa production littéraire est considérable – et réalisée de surcroît en seulement 23 ans, de 1936 à 1959 - mais parce que cette œuvre magistrale qui a consacré sa notoriété dans le monde entier, est très diverse et variée, et qu’elle n’est surtout pas réduite à ses seuls quatre romans – eh oui, seuls quatre romans, dont Le premier homme roman autobiographique inachevé, car encore bourré de 129 notes manuscrites de l’auteur en marge de son texte et de notes à l’intérieur même dudit texte entre des parenthèses dont on peut aujourd’hui prendre connaissance ou encore des mots signalés comme illisibles dont on ne  connaîtra donc jamais le sens. Ce manuscrit – avec toutes les notes et ses phrases inachevées - ne sera publié par sa fille Catherine qu’en 1994 aux éditions Gallimard, soit 34 ans après la mort de son père. On sait que Camus s’apprêtait à porter ce manuscrit à son éditeur s’il n’avait pas été victime d’un accident mortel de la route le 4 janvier 1960. Accident provoqué par Michel Gallimard, neveu de Gaston Gallimard (fondateur de cette maison d’édition qui porte son nom) au volant d’une puissante voiture roulant à près de 150 km à l’heure sur une route mouillée, entraînant la mort sur le coup de Camus,  et de Michel Gallimard cinq jours plus tard, et blessant plus ou moins gravement madame Gallimard et sa fille Anne installées à l’arrière du véhicule.

    Les trois autres romans de Camus  L'Étranger   publié en mai 1942 chez Gallimard alors qu’il a déjà 29 ans, La Peste,  publié cinq ans plus tard en juin 1947 et qui obtiendra l’année suivante le Prix des Critiques et, enfin  La Chute, publié en  mai 1956, soit neuf ans après le second dont certains critiques de l’époque le considéreront comme un échec, et comme un aveu même d’échec de la part de Camus lui-même qui rêvait d’un grand roman, or La chute est seulement un long monologue d’un individu centré sur lui-même, n’aimant que sa personne, qui s’adresse à quelqu’un qu’il a rencontré et qui n’interviendra jamais dans cet étrange récit dont le style est ampoulé, précieux et truffé d’imparfait du subjonctif, à l’image du narrateur , un ancien avocat et personnage très atypique.

    Mais La chute c’est aussi le discours du philosophe Camus, à travers ses réflexions sur la société, l’amour et la mort et qui restent encore d’actualités de nos jours. Je trouve, quant à moi, ce texte très puissant. Chaque phrase pourrait donner lieu à un débat.   Le grand roman dont Camus rêvait ce sera donc Le premier homme, mais malheureusement il n’en verra jamais la publication. Dans le chapitre 6 intitulé La famille, une de ses notes manuscrites en marge de son texte il écrit ceci : « Il faudrait que le livre pèse un gros poids d’objets et de chair. » C’est dire l’importance qu’il accordait à ce roman.

    Mais cette incapacité de produire plus de romans, ses nombreux Carnets et son abondante Correspondance en témoignent.

    Donc, sait-on que le roman proprement dit tient – en nombre – une si petite place dans cette œuvre gigantesque ? il faut croire que non, car au sein du grand public- je veux parler de tout passant lambda que l’on interroge- ce sont ses romans et principalement les deux premiers, qui sont toujours cités qui constitueraient l’essentiel de son œuvre et qui justifierait son immense notoriété. Sauf La peste qui comporte 336 pages et Le premier homme 331 pages, les deux autres romans sont peu épais L’étranger n’a que 159 pages et La chute en a seulement 121. 

    C’est un peu dommage de réduire la notoriété d’Albert Camus – qui est immense- à ses deux premiers romans, alors qu’il a eu tant de difficultés à les écrire. L’étranger : il l’avait déjà achevé l’écriture de ce récit fictionnel fascinant, en mai 1940 à 27 ans (dont le titre ne s’imposait même pas à lui,- et  ce n’est que grâce à l’intervention d’André Malraux que son livre fut publié en juin 1942.

    Disons-le donc nettement il est injuste de considérer la notoriété de Camus au regard de ses seuls deux premiers romans, car Camus a publié entre 1936 et 1958 une vingtaine d’Essais dont principalement Révolte dans les Asturies,  L'Envers et l'Endroit, Noces un recueil de quatre essais (Noces à Tipasa, Le vent à Djémila, L'été à Alger, Le désert),  Le Mythe de Sisyphe qui un  essai sur l'absurde, L'Homme révolté, L'Été qui est un recueil de huit essais écrits entre 1939 et 1953 (Le minotaure ou la halte d'Oran, Les amandiers, Prométhée aux Enfers, Petit guide pour des villes sans passé, L'exil d'Hélène, L'énigme, Retour à Tipasa, La mer au plus près), et les derniers en 1957  Réflexions sur la peine capitale et Réflexions sur la guillotine.

    Outre ces essais, qui ont mis en valeur un immense philosophe et humaniste épris de justice, mais humanisme sceptique et lucide ( comme il se définira lui-même) parce que fondé sur la prise de conscience de l'absurde, de la condition humaine et de la révolte,  anticolonialiste, mais ambiguë dans ses positions, ce qui le conduira à prendre ses distances avec mon frère Albert Memmi[2] plus radical à ce sujet, dont il était pourtant très proche[3] , comme il se brouillera également avec Jean-Paul Sartre pour les mêmes raisons. (Mon frère m’a raconté qu’avec Camus, il faisait quelquefois ensemble tout en bavardant, le trajet des éditions Gallimard jusqu’à la brasserie des Deux magots)

    Mais Camus ne faisait pas l’unanimité parmi ses contemporains qui critiquaient notamment son – soi-disant- angélisme à imaginer une espèce de fédération franco-algérienne, naturellement utopique.

    Outre ses romans, ses essais et ses Carnets Camus a publié quatre pièces de théâtre Caligula (première version en 1938), pièce en 4 actes. Le Malentendu (1944), pièce en 3 actes. L'État de siège (1948), spectacle en 3 parties. Les Justes (1949), pièce en 5 actes,  et a réalisé ensuite sept adaptations théâtrales dont, en 1953 : Les Esprits de Pierre de Larivey, comédie en trois actes, et  La Dévotion de la croix de Pedro Calderón de la Barca, pièce en trois journées. En  1955 : Un cas intéressant de Dino Buzzati, pièce en deux parties et onze tableaux. En 1956 : Il adapte Requiem pour une nonne une pièce en deux parties et sept tableaux écrite par William Faulkner en 1951 et dont il rédigea également la préface à la première traduction française.

    J’ai eu le privilège d’assister au Théâtre des Mathurins à cette pièce sombre et terrible - dont on ne sort d’ailleurs pas indemne- et fais, à cette occasion la connaissance de Camus, souvenirs inoubliables où j’ai découvert un homme hors du commun fasciné par la beauté du soleil et dont les émotions provoquées par ce soleil ressortent dans plusieurs de ses œuvres, même dans son tout dernier texte Le premier homme où il écrit dans le chapitre 4 : «  Le vent avait dû se calmer, écrasé sous le soleil ... l’hélice forant droit l’épaisseur des eaux et le bruit des pistons devenu enfin si régulier qu’il se confondait avec la clameur sourde et ininterrompue du soleil sur la mer... » N’est-ce pas magnifique ? Et ainsi les pages où il cite le soleil sont très nombreuses. Dans L’étranger, le soleil est omniprésent et il serait même la cause du meurtre commis par Meursault le héros du roman. Dans ses Nouvelles, le soleil est aussi toujours présent et notamment dans Noces à Tipasa, un beau texte très poétique. 

    En  1957  Camus traduit et adapte Le Chevalier d'Olmedo, comédie dramatique en trois journées de Lope de Vega. Et enfin en 1959  : Les Possédés pièce en trois parties de Fiodor Dostoïevski qu’il adapte et met en scène au Théâtre Antoine, où j’étais également présent .

    Pour conclure ce bref mémoire sur Albert Camus, dont j’ai ressenti une envie pressante de relire tous ses écrits (ou presque) disons que depuis 1942, date de son premier roman, L’étranger, la notoriété de Camus ne s’est jamais démentie. Il est salué dans le monde entier en tant que philosophe ce qui se traduit dans toute son œuvre, même la partie romanesque, journaliste militant ce qu’il a été bien avant d’être écrivain, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français.

    Comment aurait-il évolué s’il n’avait pas été fauché si brutalement et si précocement par la mort ? Difficile à prévoir tellement cet homme était éclectique. J’imagine que Camus serait devenu un grand journaliste plutôt qu’un écrivain.

    Depuis sa disparition on n’a pas cessé, en 65 , ans de rendre hommage à Albert Camus, en France comme dans de nombreux pays étrangers, quelques exemples parmi tant d’autres initiatives : un timbre postal a été émis à son effigie en juin 1967, une société des Études Camusiennes a été créée en 1982, en 2018, un lycée du Caire a donné son  nom à Albert Camus, une association Les Rencontres Méditerranéennes Albert Camus a été créée en 2021.  Aujourd’hui 175 écoles, collèges et lycées portent son nom, et très récemment face au lycée Masséna, en plein centre-ville de Nice, une statue en bronze le représente grandeur nature. On dit que Camus est le 23e personnage le plus célébré au fronton des 67 000 établissements publics français. Il existe aussi depuis 1984  à Paris dans le 10e arrondissement, dans le quartier de l’Hôpital-Saint-Louis une rue Albert-Camus. J’ai été assez surpris en allant voir la plaque qu’elle indique simplement sous son nom journaliste et romancier. Cela m’avait paru très réducteur, j’aurais préféré Écrivain et philosophe, car bien évidemment la part du roman dans l’œuvre d’Albert Camus n’est pas assez importante par rapport à l’ensemble de cette œuvre. En 2022, deux ans après sa mort, la mairie de Paris a donné à une voie le nom de mon frère Albert Memmi, à trois cents mètres de l’Hotel de ville de Paris et de son domicile où il vécut 70 ans.   

    Trois des romans de Camus ont été adaptés au cinéma, L'Étranger  en 1967 et en 2025, La Peste en 1992 et Le Premier Homme en 2012.

    A croire une information parue le 19 novembre 2009 dans le journal Le Monde le Président Sarkozy souhaitait faire entrer Camus au Panthéon. Sa fille Catherine semblait favorable, mais devant l’opposition formelle de son fils Jean, jugeant ce transfert en contradiction avec la pensée de son père, il n’y eut pas de suite à ce projet, qui me paraît en effet saugrenu, malgré son œuvre et sa notoriété, on ne peut tout de même pas qualifier Albert Camus de Grand homme au sens de L’Histoire comparable aux personnes, hommes et femmes déjà panthéonisés.

    Je précise  à l’intention de ceux qui veulent aller plus loin dans la connaissance  d’Albert Camus, l’homme et son œuvre, que – presque - toutes ses archives sont consultables à la bibliothèque Méjanes, dans la Cité du livre à Aix-en-Provence, dont le Centre Albert Camus assure la gestion et la valorisation.

     

     

    [2] Albert Memmi est l’auteur d’une œuvre traduite dans le monde entier dont Portrait du Colonisé précédé de Portrait du Colonisateur, un essai publié en mai 1957 chez Corrêa et préfacé par Jean-Paul Sartre.

    [3] Albert Camus offrira une magnifique préface à Albert Memmi pour son premier roman La statue de sel qui contribuera à la notoriété de mon frère. Roman très dense publié d’abord chez Corréa en 1953, puis chez Gallimard et qui sera ensuite traduit dans plus de 30 pays et constamment réédité jusqu’à ce jour. 

     

  • Mon tout nouveau livre

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    Je vous présente mon 12e roman et mon 17e livre, "Un pas de côté", mais celui-là est véritablement jubilatoire, une histoire d'amour passionnante, pleine d'émotion mais où l'humour, les commentaires sur l'art, la littérature, et la vie tout court,ne manquent pas non plus.
    Écrit à deux mains avec une co-auteure inattendue, Brigitte Dupuigrenet Desroussilles, qui possède un Doctorat en littérature comparée, et des talents littéraires exceptionnels, une sensibilité bouleversante.
    Je suis très fier du résultat de notre travail.
    Un livre à lire sans tarder.
    Comme pour tous mes livres précédents, vous pouvez commander ce dernier à votre libraire habituel ou même à un point presse, ou à la Fnac où il serait déjà disponible, ou à notre éditeur parisien Les Éditions Orizons, 25 rue des Écoles Paris 5e ou son diffuseur Les Éditions l'Harmattan, 5 rue de l’École Polytechnique Paris 5e .
    Je peux également vous l'adresser avec une dédicace.
    max-memmi(at)wanadoo.fr   
     
     
  • Terre natale, religion, identité, nation et peuple.

    Terre natale, religion, identité, nation et peuple.

    Voilà les thèmes de mon prochain essai ( auquel je m’attellerai dès que j’aurais bouclé le livre volumineux sur « Albert Memmi et le reste de la tribu » qui est en voie d’achèvement, au stade de la relecture)  et, en attendant, paradoxalement, alors que je devrais, au contraire , me rapprocher d’eux, pour mieux les comprendre, depuis quelques semaines, j’ai décidé de prendre sérieusement mes distances avec tous ces gens, proches ou non, qui parlent trop de leur religion, leur judéité, chrétienté, islamité (je cite dans l’ordre de leurs apparitions dans la vie de l’Homme), non seulement je ne me sens pas concerné, parce que je refuse toute appartenance à une quelconque religion, mais j’ai du mal à comprendre leur attachement, souvent viscéral, à leur religion, j’essaye de trouver des explications : peur du vide ? Ne pas pouvoir se raccrocher à une croyance qui les rassure et les apaise, les unir à un rituel solide qui accompagnerait leur existence ? Besoin impérieux de croire à un homme providentiel (prophète détenant une mission de Dieu lui-même, Abraham et Mahomet ou Jésus considéré comme le vrai fils de Dieu ?) assimilé à un dieu tout puissant ? Se rassurer en sachant qu’on fait partie d’une communauté solidaire ? Oui, mais seulement solidaire à l’intérieur de chaque communauté. Chaque adepte de sa religion étant persuadé que sa religion est la meilleure, que celle d’autrui qui serait, elle dans l’erreur, sinon dans l’impie.  On est loin de l’étymologie du mot religo, religâre, qui signifie lien, relier, puisque, hélas, l’Histoire est là pour nous le rappeler, que les religions ont toujours divisé les hommes jusqu’à les pousser à s’entretuer entre eux, au nom de leur foi.

    J’ai décidé aussi, dans le même temps, de prendre mes distances vis-à-vis de tous ceux qui ne parlent que de leur terre natale, qui expriment leur nostalgie, voire leur mélancolie de cette perte qu’ils qualifient de douloureuse, certains vont jusqu’à parler de catastrophe, jusqu’à l’obsession. Je ne comprends pas leur tourment, alors que je sais de quoi ils parlent, puisque j’ai, moi-même, quitté le pays où je suis né (ils disent terre natale, mais si la terre natale pour certains se situe dans le même pays , ou dans la même ville où ils vivent, et qu’il sont heureux, alors oui , qu’ils soient attachés à cette terre natale, pourquoi pas !) mais comme eux, cela remonte à plusieurs décennies.  Je trouve alors que cette culture permanente de la perte, enracinée comme une plante toxique, au plus profond de leur être, est nocive et totalement improductive. Elle ne permet pas d’avancer. Anxiogène aussi. Je dis cela parce que je ne me sens pas concerné, Je suis un citoyen d’une nation érigée en république et profondément démocratique, qui m’accorde les mêmes droits et privilèges accordés aux autres citoyens, et j’aime cette nation, je n’en ai pas et n’en ai jamais eu d’autre. Car, c’est peut-être dur à entendre pour certains, mais pour parler-vrai,  en Tunisie, mon pays natal donc, bien obligé de l’admettre, j’avais l’impression de vivre en sursis, en suspens de quelque chose, d’un événement majeur que j’attendais fébrilement, et quand le gouvernement, très légitimement,  a décidé d’introduire l’arabe dans tous les rouages de la vie, de remplacer le français- qui leur avait été imposé pendant la colonisation-  par l’arabe, leur langue maternelle,  dans tous les imprimés et formulaires de l’Administration, moi, alors rédacteur principal à la très officielle Agence Comptable centrale du Gouvernement tunisien, du jour au lendemain, je devenais analphabète dans ce qui était, théoriquement,- mais légitimement ? -  mon pays. De plus, je comprenais bien que je devenais un étranger indésirable, alors même que j’étais, en ces temps-là, encore tunisien, comme la grande majorité de la population, mais pas musulman comme eux. Pour être un citoyen à part entière, il fallait être tunisien ET musulman. Un temps, je me suis même senti en danger, physiquement et psychologiquement. Je commençais à douter de mon identité. D’où mon aversion des religions, de toutes les religions, surtout lorsqu’elles se mêlent de régenter la vie publique forte de sa qualité de religion d’État, ce qui devenait le cas de la Tunisie, puisque les nouveaux maîtres l’avaient inscrite dans leur toute nouvelle constitution.   

    L’événement que j’attendais s’éclairait enfin, je devais aller vivre au sein d’une nation, où, premièrement, chaque citoyen a les mêmes droits, quelle que soit sa religion ou même s’il refuse d’en endosser une, ou qu’il ait aussi le droit d’afficher son athéisme, et secondement, dont la langue correspondait avec la seule que je connaissais : le Français. Mes dicos me précisaient qu’il existait 29 pays francophones dans le monde, c’est-à-dire où le Français est reconnu comme langue officielle. 

    Je pouvais m’installer en Belgique ou au Luxembourg, tout proche de cette France qui me fascinait pour son patrimoine culturel, mais où on disait que la vie y était compliquée, logement, et emploi difficile à acquérir, ou m’exiler au Québec, dont j’aimais l’architecture, mais pas le climat, ou alors dans un des départements français d’outre-mer, où la température est plus clémente, proche de celle à laquelle mon corps  était déjà  habitué, pendant mes vingt premières années, comme La Martinique ou 13000 kms plus loin, à l’île de la Réunion.

    J’ai choisi la France métropolitaine. La France n’est donc pas mon pays par nature, mais par destination, comme disent les juristes, un choix du cœur et aussi, surtout de l’esprit. J’ai intégré dans mes gènes sa culture et son sens de la liberté. Je ne parlerai pas des deux autres composantes de sa devise qui sont l’égalité et la fraternité (devise qui figure à l’article 2 de notre Constitution,) car, cela mériterait de longs développements, ces deux droits me paraissant loin d’être appliqués.

    J’ai donc choisi la France, mais je n’ai pas choisi d’être juif. Je ne suis juif ni par nature, ni par destination, mais par obligation, c’est-à-dire, que je le veuille ou non, je suis juif et le resterai jusqu’à ma mort. Pour tenter de comprendre cette religion, dont j’ignorais à peu près tout, et tenter surtout de déterminer la part de judéité qu’il peut y avoir en moi, j’ai écrit, en 2017, tout un livre sur ce sujet « Être ou ne pas être juif ? Telle est la question. Pourquoi ? » qui a bénéficié d’une préface élogieuse de Pascal Bruckner, philosophe et écrivain traduit dans plus de trente pays. Je n’y reviendrais donc pas ici.  

    Je veux simplement affirmer que cette France, où je vis à présent depuis presque 70 ans, sur le terreau que j’ai façonné, m’a accueillie et m’a tout apporté et aussi, ce n’est pas rien, m’a réconcilié avec moi-même, en gommant les contradictions qui me taraudaient.

     C’est sur cette terre que sont nés mes enfants, les enfants de mes enfants, et les enfants des enfants de mes enfants. Tous sont solides, et pour celles et ceux en âge de travailler, occupent des fonctions gratifiantes, le sentiment, un peu prétentieux, d’avoir ainsi remboursé une partie de ma dette à la France, sans compter l’ouvrage « La France en partage » que j’ai publié en 2015.  Enfin, c’est sur cette terre de France que sont enterrés mon père , ma mère et toute ma fratrie.

    Et, contrairement à mes deux autres frères, Albert et Georges, où la Tunisie est omniprésente dans tous leurs livres, la Tunisie n’apparaît dans aucun des miens, qu’il s’agisse de mes romans ou de mes essais. Je ne suis pas un nostalgique du passé.  

    C’est pourquoi, je ne comprends plus les autres, je veux parler de ceux qui vivent en France, mais qui ont leur esprit ailleurs, je les vois enfermés dans une prison virtuelle infernale, les yeux tournés vers des horizons inatteignables, écartelés entre plusieurs cultures, qui les obligent quelquefois à traduire leur état d’âme dans des livres que je trouve tantôt tristes, tantôt naïfs, en tout cas navrants, car leurs auteurs semblent n’être bien nulle part, sujet qui, du reste, prolifère depuis quelque temps.

    Je veux, quant à moi, vivre dans l’universalité, être un citoyen, frère en humanité avec tous mes congénères.

    En conclusion - une conclusion très provisoire, puisque mes propos d’aujourd’hui ne représentent que l’esquisse de ce que sera mon prochain livre, naturellement plus ambitieux - ces gens – parlant de religion et/ou nostalgique de ce qu’ils appellent leur terre natale perdue- m’indisposent ; j’ai donc décidé, ai-je dit, non pas de les fuir, ce serait excessif, mais de m’en éloigner, parce que j’ai peur de leur enfermement, de leur certitude en leurs croyances qu’ils appellent leurs valeurs, voire même leur richesse.

    Tant pis, si, à côté d’eux, je peux paraître très pauvre. C’est le prix de ma liberté. Je suis libre de ne pas être attaché à un « ailleurs » utopique. Leur écartèlement me donne le vertige.

    Si je mets de côté leur ironie, leurs railleries ou leur agressivité en réaction à mes propos, ou encore leur mépris, dans le meilleur des cas certains préféreront le débat - et je m’en réjouis, je suis terrifié par toute forme de violence-, ils m’opposeront la notion de peuple. L’appartenance à un peuple respectant la même religion, auquel il convient de rester fidèle. Par respect pour les ancêtres.

    Or, précisément, je ne crois pas à l’existence de peuples. Je pense qu’il s’agit d’une pure invention de l’esprit. Je prends le risque de m’attirer les foudres les plus meurtrières. Comment ? vous contestez la notion de peuples ? Pas de peuple arabe, pas de peuple chrétien ? Pas même de peuple juif, alors même que ce dernier se prétend être LE peuple élu ?
    Foutaise ! Il y a seulement des citoyens de nationalités différentes selon la nation dans laquelle ils ont toujours vécu, ou dans laquelle ils se sont intégrés, et, pour la majorité d’entre eux, dans laquelle ils se sont totalement assimilés. Et, parmi ces citoyens - qui forment une nation- certains sont chrétiens, juifs ou musulmans ou d’autres confessions religieuses non monothéistes, et d’autres refusent farouchement toute appartenance à une quelconque religion, j’aimerais bien appartenir à cette dernière catégorie, si cela est possible et acceptable pour ceux qui me connaissent. Et ce n’est pas parce que des citoyens d’une même confession – juive, chrétienne ou musulmane, ou hindouiste, ou que sais-je encore ? – qui vivent dans des pays différents, voire des continents différents, appartiendrait à un même peuple. Qui y a-t-il de commun par exemple entre un juif tunisien, un juif danois, un juif caldoche, un juif soudanais, un juif ukrainien ? Seulement la pratique – et encore faut-il qu’ils soient pratiquants, car la majorité d’entre eux ne le sont plus- de la même religion juive, mais cela ne fait pas, pour autant, un même peuple, car ils sont loin d’être de la même origine, issus du même terreau.  Et ce que je dis des Juifs est naturellement valable pour les chrétiens, les Musulmans, etc. Cette notion de peuple me dérange et m’agace, car historiquement et démographiquement, elle ne tient pas la route, et surtout elle va contre le sens du progrès, de l’harmonie, de la paix, bref, au risque de déplaire, je revendique la notion de nations et non pas de peuples. Et évidemment, par ailleurs, ce qui forme une nation, c’est sa population, et dans ce cas seulement, je peux ajouter son peuple, mais toutes origines et toutes religions confondues. Je refuse d’admettre l’idée que c’est la religion commune d’une population qui justifierait l’existence d’un peuple, qui en serait le ciment, même si cette population est dispersée aux quatre coins de la planète. On n’appartient pas à un même peuple parce qu’on pratique la même religion.

    N'est-ce pas parce que certaines gens ne veulent pas admettre cette notion capitale de nation, et s’entêtent à préférer leur identité religieuse et leur rattachement à un peuple utopique, que, précisément, la notion d’identité se brouille, jusqu’à se dissiper et disparaître ? Ce qui a contraint Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était Président de la République à créer un véritable ministère de l’identité nationale. Triste et navrante décision imposée par le désordre de ceux qui vivent en France, mais ne l’aiment pas. Je les plains.

    Enfin, reste la question de la double nationalité ,que d’aucuns revendiquent, parce qu’ils souhaitent ardemment conservé leur nationalité d’origine, continuer d’aller régulièrement se ressourcer dans les eaux qui baignent le pays où ils sont nés,  et se fondre au milieu d’une partie de leurs familles restées au pays, et en même temps vouloir adopter la nationalité du pays qui les a accueillis et où ils sont heureux de vivre : je respecte très fondamentalement ces gens, lucides et sincères, en paix avec eux-mêmes. Ceux-là au moins ne passent pas leur temps à geindre sur leur terre natale perdue.

    Ce qui m’amène tout naturellement à évoquer cette notion de diaspora, vaste question, car renvoyant à la notion de peuple dispersé, consenti ou imposé, cette question me met mal à l’aise. Il me faudra comprendre les raisons de cette mise à distance.  

  • Penser, lire, écrire et créer

    Penser, lire, écrire et créer...
    Ce texte figure à la page 373 de mon nouveau livre, parmi d’autres textes pour « expliquer » les photos choisies, j’ai plaisir à vous l’offrir, il illustre une des photos en couleurs de l’album (pages 347 à 371) où je suis assis devant mon bureau de travail (photo que j’ai déjà utilisée comme nouveau profil sur mon site Facebook.
    « Penser, lire, écrire et créer... » Telle est la devise de l’Institut du cerveau, que je soutiens, et que je fais mienne.
    Lire, suivre des yeux les caractères d’une écriture et pouvoir les identifier, pour prendre connaissance du sens, de la pensée de l’écrivain.
    Écrire, geste banal, en apparence, mais trouver les signes représentant la pensée, au plus près de l’expression, relève d’un besoin physiologique, qui demande la collaboration de tout le corps.
    Créer, c’est avant tout le bonheur du partage.
    Entre l’écrivain et le lecteur, un lien magique, une alchimie.
    Ma mère ne savait ni lire ni écrire, mais sa pensée et son imaginaire étaient d’une richesse infinie. Elle savait traduire par ses mots son univers magique.
    J’essaye par mes livres d’être digne de son héritage.
    Max Memmi 21 XI 2022
    Penser, lire, écrire et créer..