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Journal Extime de Max Memmi - Page 19

  • Les choses de la vie roman de Karine Tuil

                           J’ai lu pour vous, Max Memmi**

    « Les choses humaines » de Karine Tuil*

     

    Encore un roman de Karine Tuil qui met mal à l’aise, et on n’en sort pas indemne, mais on le lit d’une seule traite, on en redemande, parce qu’on devient vite accro des récits sans aucune complaisance de Karine Tuil. L’histoire est puissante et il fallait une écriture aussi puissante pour la conter, avec Karine Tuil, le pari est largement réussi. Mais réduire les choses humaines, comme je l’ai maintes fois lu et entendu, à un vulgaire fait divers, malheureusement trop banalisé, celui d’un viol sordide, c’est bien dommage, car le thème du roman est autrement plus vaste, il englobe notre société actuelle tout entière, à travers la vie de personnages charismatiques, aussi dominateurs que fragiles, aussi ambitieux que désabusés, qui crèvent l’écran. Tout au long de notre lecture, le film se déroule sous nos yeux, d’une saisissante réalité.

    Les rôles principaux sont tenus par deux couples - et également une femme - autour desquels convergent le fils de l’un et la fille de l’autre. Deux couples aux univers radicalement opposés, mais empreints à une exigence de vie, en quête d’amour, d’un amour fort, passionnel. Qui vont se télescoper, s’affronter, se fracasser, à cause- mais pas seulement - de l’agression sexuelle commise par le fils de l’un (Alexandre) sur la fille de l’autre (Lula), cette dernière la qualifiant de viol et celui-ci de simple rapport sexuel entre adulte. D’où tout le problème du consentement et de la violence présumée.

    Alexandre, 21 ans, fier de sa condition et sûr de son avenir avant la dérive, la chute et le procès et Lula, 18 ans, traumatisée depuis qu’elle a été témoin de l’attentat terroriste commis par Mohamed Merah.

    Jean Farrel, 70 ans, enfant de la DASS, - mère prostituée qui décède jeune autodidacte mais devenu un très grand journaliste politique de renommée internationale, très ambitieux, obsédé par le pouvoir, la séduction et un besoin viscéral de reconnaissance, marié à Claire, sa cadette de 27 ans, étude à normale sup, essayiste reconnue, auteure de 6 ouvrages célèbres. Fille d’un professeur de droit à Harvard et d’une traductrice française de langue anglaise.

    Ils ont un fils, Alexandre, 21 ans au moment où débute l’histoire en octobre 2015. Polytechnicien, étude d’ingénieur à la très prestigieuse université de Stanford aux États-Unis, à l’avenir très prometteur.

    Après 20 ans de vie conjugale, Claire n’a plus de relation sexuelle avec son mari. Leur lien le plus solide, leur fils Alexandre. Quand elle rencontre Adam Wizman, professeur de français dans une école juive de Seine-Saint-Denis, né à Paris mais de parents originaires d’Afrique du Nord, marié à Valérie Berdah, juive très pratiquante, mère de deux filles de 13 et 18 ans, Claire, intellectuelle un peu rigide, devient une amoureuse passionnée et décide de quitter définitivement Alexandre pour Adam, qui a le même âge qu’elle.

    De son côté, Jean entretient une relation amoureuse forte avec Françoise, (une femme du même âge que lui : 68 ans quand commence le récit) très cultivée, journaliste de presse écrite, qui a commencé 3 ans après la naissance de son fils Alexandre.

    Aucun inconvénient à présenter les acteurs et à dévoiler l’histoire - sauf la fin qu’on laisse tout de même le lecteur découvrir - ils nous éclatent très vite au visage et on va vivre intensément avec eux surtout la partie du récit consacrée au procès dont l’auteure ne nous cache pas qu’elle a été très largement inspirée par celui dit de Stanford aux États-Unis en 2015. Dans un entretien organisé par la librairie Mollat à Bordeaux, elle raconte par ailleurs qu’elle a assisté pendant deux ans à des procès pour viols.

    Karine Tuil a un talent incontestable. Elle a un regard impitoyable sur notre monde contemporain, un monde de violence et de domination entretenue par les médias et les réseaux sociaux, où le pouvoir et le sexe sont omniprésents.

    La lecture de ce roman, le plus récent de Karine Tuil m'a donné envie d'en lire d'autres dont je publierai ici mes notes de lecture.

     

    Notons au passage que si Adam est juif, ce n’est pas fortuit, il y a presque toujours un personnage juif dans les romans de Karine Tuil, elle-même juive de parents originaires de Tunis(Afrique du Nord) est taraudée par la condition juive. Dans ce dernier roman, elle écrit : « C’est peut-être cela d’être juif, apprendre à être double puisqu’être soi est impossible… » Dans mon Essai paru en août 2017, Être ou ne pas être juif ? Telle est la question, je ne dis pas autre chose.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    *Karine Tuil a 47 ans, Les choses humaines, édité par Gallimard en juin 2019, 352 p. 21 € Prix Goncourt des lycéens et prix Interallié est son 11e ouvrages, dont les 3 premiers chez Plon et les 6 suivants chez Grasset.

     

    **Max Memmi est l’auteur de 6 romans et 4 essais dont « Être ou ne pas être juif ? Telle est la question, pourquoi ? Préface de Pascal Bruckner

  • Election municipale: la polémique

    Alors qu'il y avait eu un total consensus entre tous les scientifiques et toute la classe politique pour que le vote du 1e tour des élections municipales ait bien lieu, aujourd'hui, nous assistons à un revirement total parmi les ténors de l'opposition qui regrettent que ces élections se soient tenues et bien évidemment rejettent tous cette décision sur le Président de la République, alors que certains chefs de parti n'hésitaient pas à parler de coup de force( voire de coup d’État - excusez du peu- dixit Christian Jacob et d'autres) si le Président décidait d'annuler ces élections. Triste spectacle devant ces gens amnésiques ou d'une scandaleuse mauvaise foi.
    L'ex ministre de la santé en rajoute une couche en disant qu'elle avait, fin janvier, alerté le 1e ministre sur la dangers de maintenir le vote des élections municipales, allant jusqu'à comparer ces élections à une mascarade... à laquelle elle a pourtant bien volontairement participé totalement, meetings, débats et j'en passe. Remarque: si Madame Agnès Buzyn avait été élu Maire de Paris, aurait-elle parlé de mascarade?

  • L'exode

    Le Président de la République puis le ministre de l'intérieur nous expliquent avec force que nous devons rester confinés chez nous pour éviter tous les contacts inutiles et dangereux compte tenu de la transmission qui s'annonce fulgurante de ce coronavirus, la réaction d'une partie de la population est totalement à l'inverse de ce qu'on attend d'eux: ils envahissent les gares pour partir " ailleurs" et les magasins d'alimentation pour "rafler" le maximum d'aliments et de produits d'entretien, créant eux-mêmes la panique et la pénurie.
    Les Français auraient-ils cette notion " d'exode" dans leurs gènes? Alors qu'on est si bien chez soi !

  • L'incivisme des français

    Devant l'évolution très inquiétante de la propagation du virus mais aussi face à l'incivisme des français - nos compatriotes ne semblant toujours pas comprendre la gravité de la situation, puisque pas plus tard qu'hier, voulant à tout prix profiter d'une journée ensoleillée, ils ont envahi les parcs, jardins et les quais de nos fleuves et courts d'eau, face aussi à la confusion des prises de position des partis politique, qui réclamaient presque d'un seule voix, jeudi dernier le maintien du vote des élections municipales et qui aujourd'hui exigent avec autant de vigueur et de consensus, l'annulation du vote du second tout, ce soir nouvelle intervention télévisée du président de la République qui va sans aucun doute annoncer l'annulation de ce  second tour de l'élection municipale et probablement aussi des mesures encore plus contraignantes de confinement généralisée, pour limiter au maximum les contaminations.
    A l'heure où je trace ces lignes: 5423 de nos concitoyens ont été dépisté positifs, 400 d'entre eux sont en réanimation et on déplore 127 morts.
    De savoir qu'en Italie les morts s'élèvent à 1809 ( sur 2990 dans toute l'Europe ) pour 24267 contaminés et qu'en Espagne la situation n'est guère plus brillante ne peut que nous effrayer sur ce qui nous attend.

  • La pandémie occupe tout l'espace et le temps

    L'épidémie du coronaviris- désormais qualifiée de pandémie par l'Agence mondiale de la santé- prend de l'ampleur puisqu'elle s'étend à présent sur 115 pays  et a entrainé 4566 morts dont 3158 en Chine, 827 en Italie, 354 en Iran, 60 en Corée du sud, 47 en Espagne et 48 dans notre pays avec 15 morts de plus en 24h. L'Italie est entièrement bouclée et 60 millions de personnes sont priées de ne pas quitter leur domicile sauf pour aller se ravitailler et aller chez son pharmacien. Plusieurs pays de l'Est souhaitent aussi fermer leurs frontières. Les Etats-Unis ont décidé de suspendre à compter de demain soir tous les voyages en provenance de l'Europe. Naturellement, cette situation entraine un ralentissement de l'économie et des bourses qui s'affolent et chutent dangereusement anticipant une crise de grande ampleur.
    Notre président va s'adresser à la nation ce soir jeudi à 20h. Que peut-il nous dire que nous savons déjà ? Prudence, vigilance, situation grave, que nous sommes tout au début de cette pandémie mais qu'il ne faudra pas s'alarmer pour autant, car notre pays est armé pour faire face.
    L'opposition politique - opportuniste- ne perd pas le nord et en profite pour réclamer la suspensions du projet de loi sur les retraites - toujours cette tactique pour gagner du temps à tout prix en espérant un pourrissement de cette loi et son abandon- dont le texte va aller au Sénat. Pour l'heure, municipales obligent, les parlementaires sont en vacances jusqu'après les résultats des élections.