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Journal Extime de Max Memmi

  • Des élections au rabais

    Il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser et de faire des déclarations tonitruantes de victoire parce que le parti LR a remporté deux élections de députés. Quand on sait que pour ces deux élections plus de 80% des électeurs se sont abstenus d’aller voter, on aimerait dire aux porte-paroles de LR : un peu de sérieux, tout de même : par combien d’électeurs ces deux députés ont-ils été élus ? Un peu plus de 50% de même pas 20% cela fait combien ?
    Ajouter que ces « victoires » sont la preuve du net recul des candidats de la République en marche, voire même (je l’ai entendu) de la dégradation du gouvernement ?
    Oui, ce n’est vraiment pas sérieux, mais bon le parti de Wauquier a trouvé là une occasion de ronger un os.

  • Conseil français du culte musulman ( CFCM) et Conseil représentatif des institutions juives de France ( CRIF)

    Dans l’article « Macron et l’Islam » paru dans le numéro du Point daté du 25 janvier, signé par Laureline Dupont et Tugdual Denis, les rédacteurs semblent s’étonner de la faible représentativité du « Conseil français du culte musulman(CFCM)- organisation créée à l’initiative du Président Sarkozy en 2003- seules 1000 mosquées sur les 2500 qui existent en France (listées par le CFCM lui-même) auraient participé à l’élection de son Comité directeur. Je trouve, quant à moi ce chiffre important – 40 % tout de même pas négligeable. -  Certes, le budget annuel à la disposition de ce CFCM est dérisoire, puisqu’il plafonne à 30.000 €, et avec une somme pareille il n’est pas possible de mener beaucoup d’actions sérieuses.

    Son plus ou moins homologue, le CRIF- Conseil représentatif des institutions juives de France- censé donc « représenter » la « communauté » juive de France, est-il beaucoup plus représentatif ? Combien de juifs se sentent-ils solidaires de cette organisation ? Fondée quant à elle en 1944, par des groupes issus de la Résistance pour lutter contra l’antisémitisme, elle est toujours bien présente, et bien évidemment plus influente que le CFCM, puisqu’elle fédère plus de 60 associations dont « le Fonds social juif unifié » et la fameuse » Alliance israélite universelle » dont j’ai plus de respect que pour le CRIF, car ( comme son nom ne l’indique pas)  L’A.I.U » a toujours réalisé un travail énorme de formation et d’éducation en milieu scolaire, alors que je pense que le CRIF , en voulant défendre une partie de nos concitoyens, est-ce qu’il ne les fragilise pas, plutôt ? E, s’entêtant à les marginaliser ?

    Pour revenir au CFCM, Le magazine Le Point rapporte que selon un rapport de l’Institut Montaigne, 68% des musulmans français ne connaissent même pas l’existence de cette Institution : cela ne me surprend pas, comme je ne serais pas surpris non plus que si l’on interrogeait « les juifs de France », on obtiendrait le même pourcentage de juifs qui déclareraient ne pas connaître l’existence du CRIF ou tout au moins en connaître simplement l’existence, mais sans plus.

    J’avoue que pour ma part, je n’éprouve  aucune sympathie pour toutes ces Institutions, chaque citoyen a le droit de ne se considérer que comme un citoyen sans avoir besoin qu’on l’enferme dans telle ou telle catégorie spécifique, en fonction de sa religion ( souvent d’ailleurs inexistante) ou la couleur de sa peau.

  • Invité à une émission de radio

    Mercredi prochain 24 janvier, je serais interrogé pendant une demie heure sur mon dernier Essai: "Être ou ne pas être juif? Telle est la question. Pourquoi? " par Annie Goldmann productrice de l'émission: "Itinéraire" sur Radio Judaïca, fréquence 94.8. Les studios de cette radio se trouve dans le 5e arrondissement de Paris.
    J'ai bouclé rapidement l'organisation de ce déplacement éclair de 24h, transport en train et une nuit au Centre d'hébergement du grand Paris situé à la porte d'Italie où j'ai l'habitude de me rendre, très pratique puisque ligne directe de métro et seulement 5 stations de métro du studio d'enregistrement.
    L'émission sera diffusée en différée le mercredi suivant 31 janvier et disponible ensuite pendant deux mois sur internet en cliquant sur le nom de la chaine de radio.
    Il ne me reste plus qu'à vivre avec mon stress pendant ces trois jours.

  • Des difficultés à se faire publier

    Invité à l'émission : "La Grande Librairie" de François Busnel sur France 5, après sept ans d’absence Paul Auster nous parle de son dernier livre: "4 3 2 1", un ouvrage volumineux de plus de mille pages : 4 3 2 1 ce sont quatre portraits de Archie Ferguson, le héros de son histoire, prétexte pour décrire les États-Unis des années 50 à 70 avec ses contradictions, ses divisions et ses déchirures, mais c'est aussi et surtout 4321 chemins possibles pour démêler ces vies. 
    Le grand écrivain américain ( qui, bien que vivant dans le quartier de Brooklyn parle fort bien le français) évoque aussi ses débuts en littérature avouant qu'il avait attendu dix-sept ans avant d'obtenir un accord d'un éditeur mais qu'il se consolait en pensant que Samuel Becket avait essuyé 113 refus avant qu'un éditeur lui fasse enfin confiance.
    Bien sûr, il ne nous apprend rien, les exemples d'auteurs ( français et étrangers) devenus par la suite très célèbres, qui ont galéré des années et des années pour se faire publier sont très nombreux, quelques géants de la littérature ont même publié leurs premiers livres " A compte d'auteur." Ainsi je me console moi-même des très très nombreuses années d'attente avant que deux éditeurs acceptent enfin mes manuscrits et des réponses souvent laconiques pour justifier les refus ou de certaines lettres très prometteuses qui me prouvaient que mon manuscrit du moment avait été lu et des espoirs fébriles, puis déçus.

  • L'ordre du jour, un récit de Eric Vuillard

    On peut donc encore, en 2017, raconter dans un court récit de 150 pages – et en petit format 10,5/19 dans la collection Un endroit où aller chez Actes Suddes évènements certes dramatiques, mais où l’auteur privilégie la mise en scène de rencontres, de va-et-vient, de gesticulations de personnages sinistres en Autriche et en Allemagne, qui se sont déroulés entre 1933 et 1946, et obtenir avec ce livre le prestigieux Prix Goncourt ? Oui, sans aucun doute quand on a le talent d’un Éric Vuillard. Il manie l’ironie cinglante, il affiche un mépris brutal pour ces hommes, qu’ils soient de gros patrons d’entreprises soumis totalement au régime nazi ou de vulgaires comparses d’Hitler.

    J’ai lu L’ordre du jour d’une seule traite comme on voit au cinéma un film en noir et blanc dans une salle d’Art et d’Essai, de même que le roman L’Art de plaire d’Alice Zeniter dont j’ai parlé dans une précédente note peut se voir comme en film en couleurs sur grand écran, car la fresque est plus large, une histoire sur trois générations, un espace ample, l’Algérie et la France, la France et l’Algérie, même si les événements contés sont également douloureux, on sort heureux de la lecture du roman d’Alice Zeniter, mais sûrement pas indemne de celle du récit d’Éric Vuillard, que j’ai vécu comme un huis clos cauchemardesque au milieu d’êtres pleins de tics et de toc.

    Comme Alice Zeniter qui a obtenu plusieurs prix dont le prestigieux Prix Goncourt des lycéens, Éric Vuillard est lui aussi un habitué des prix.