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Journal Extime de Max Memmi - Page 17

  • Patrick Modiano

    Les libraires et les médiathèques ayant fermé leurs portes pendant cette période de confinement, je parcours les rayons de mes propres bibliothèques à la recherche d’un livre que j’aimerais relire ou que peut-être je n’ai jamais encore lu, ce qui est tout à fait possible. Depuis très longtemps déjà, j’ai pour habitude, quand je vais chez mon libraire, de ne jamais sortir avec un seul livre. Je pioche ici et là, et me laisse toujours tenter par deux ou trois livres en même temps. Une vraie gourmandise. Moralité : j’avoue que j’arrive d’en oublier certains sur un des rayons de mes bibliothèques. Un vrai crime, je le sais, car je l’ai soustrait d’une librairie, (lieu vivant fréquenté par des gens qui aiment lire, comme moi dont c’est depuis toujours le principal loisir) pour l’abandonner chez moi.
    Enfin ces « oublis » ont finalement un bon côté, puisque dans les semaines qui ont suivies les lourdes opérations chirurgicales que j’ai subies ces dix dernières années et à présent en ces temps sombres au goût d’irréalité, où nous sommes astreints à un confinement forcé, pour notre survie, ma réserve de livres est une bénédiction.

    Et à ces livres que j’achète, s’ajoutent les nombreux livres que l’on m’offre, pendant mes hospitalisations et à l’occasion de Noël et de mon anniversaire. Ainsi ce livre volumineux de la collection « Quarto » édité par Gallimard qui contient le texte de 10 romans de Patrick Modiano, 1084 pages, sorti en librairie en 2014, la même année où Modiano a obtenu le prix Nobel de Littérature. Quand un écrivain obtient une telle distinction (la plus prestigieuse au monde), ses livres sont tous (ou presque) réédités.

    J’avoue quant à moi que je n’ai jamais été très attiré par les romans de Modiano. Et que ce Nobel m'avait bien surpris, alors que celui attribué à Le Clézio que j'aime m'avait paru bien mérité.  J’avais lu il y a de très nombreuses années un ou peut-être bien deux livres de Modiano, mais ils m’avaient tellement ennuyé à l'époque que j’avais renoncé à en lire d’autres.

    Mais depuis ces 18 jours, pendant cette période de confinement, j’ai décidé de m’accrocher. J’ai lu en premier : "Pedigree," le 8e de la liste des 10 romans édité en 2005, et ô surprise, je l’ai lu – non pas avec plaisir- mais avec un certain intérêt pour cette vie chaotique racontée, comme un récit totalement autobiographique, à la première personne sans aucun fard, de sa naissance jusqu’à ses 23 ans date de la publication de son premier roman : « La place de l’étoile. »

    Pedigree est le récit saisissant et quelque peu pathétique de la vie d’un enfant, puis d’un jeune homme complètement laissé à lui-même par des parents aux destins hors du commun, ce qui a permis à Patrick Modiano d’acquérir une maturité très précoce en vivant par ailleurs des » aventures » extravagantes, parents et aventures qui nourriront une bonne partie de son œuvre.

    J’ai ensuite lu : « Livret de famille, » ( 3e de la liste édité en 1977) mais ce livre m’a beaucoup moins intéressé que le précédent : des anecdotes successives ou plutôt des moments de la vie de Modiano, sans aucun liens entre eux : allez, j’avoue que ce « roman » qui n’est encore qu’une suite autobiographique, m’a finalement ennuyé.

    Pourtant je ne vais pas me décourager et je décide de lire tous les autres textes. Ce soir je commence : «  Villa triste, » 1e de la liste publié en 1975.

  • Les flocons de neige

    Le printemps avait bien commencé par des journées bien ensoleillées et une température très douce. Voilà qu'à deux jours du 1e avril, l'hiver revient et nous gratifie même de quelques jolis flocons de neige, très légers certes qui n'atteindront donc pas le sol, qu'en déduire? La nature est bien déréglée, mais est-ce si nouveau que cela? Je n'en suis pas sûr.  

  • Ceux qui appellent à l'union nationale et ceux qui dénigrent rageusement

    Bravo au Président du Sénat et au Premier Secrétaire du parti socialiste d'avoir enfin appelé à l'union nationale au moins pendant cette crise sanitaire épouvantable: enfin des hommes politiques dirigeant la droite et la gauche hautement responsables. Laissons les extrémistes de gauche et de droite continuer de déverser leur haine, n'arriveront-ils pas à comprendre qu'ils nous désespèrent et nous dépriment. Ils ne rêvent que de renverser notre gouvernement et ensuite casser nos institutions. pour remplacer par quoi? Des gens dangereux. Qu'ils expliquent plutôt clairement et avec modération ce qu'ils feraient, eux, à la place d’Édouard Philippe, cet homme courageux et lucide. La vérité, c'est qu'ils ne réussissent pas à prendre le pouvoir par les urnes, ils n'ont pas réussi pendant les manifestations des gilets jaunes, ni par les manifestations contre le projet de réforme des retraites, ils récidivent aujourd'hui en profitant de la crise provoquée par cet catastrophe sanitaire et économique d'une ampleur inédite. Honte à eux ! Car il y a un temps pour tout, et le temps du dénigrement systématique stérile et ravageur n'est pas pour aujourd'hui où les français souffrent, à leur souffrance ils ajoutent leur venin toxique. Cela étant, bien évidemment les oppositions sont souvent utiles car ils peuvent nous éclairer, tous les contre-pouvoirs sont les bienvenus dans notre régime démocratique, mais encore une fois, ce n'est vraiment pas le moment, chaque chose en son temps, aujourd'hui nous luttons pour notre survie et nous devons seulement être très attentifs aux décisions prises par notre gouvernement qui semble agir avec discernement et efficacité. Viendra le temps des demandes d'explications légitimes qui devront être également adressées aux deux précédents présidents de la République et surtout à leurs gouvernements, car des dysfonctionnements, il y a en a peut-être, et il y en a eu surement par le passé. 

  • Le cactus de Noël

    Oui, le mot Espérance a un sens.
    D'abord celui que lui donne mon dictionnaire Le Robert ( édition 2018), à la page 682: "sentiment qui fait entrevoir comme probable la réalisation de ce que l'on désire. Confiance, croyance. " Définition suivie d'autres définitions qui m'intéressent moins et de nombreux exemples.
    Ensuite et surtout quand il se manifeste dans une de mes plantes, le S
    chlumbergera kautskyi appelée communément Cactus de Noël,  que j'ai en abondance à l'intérieur de ma maison, ( certaines sont rouges d'autres blanches) appelée ainsi parce que cette plante fleurit généralement en hiver. Eh bien aujourd'hui, l'une d'entre elle vient de libérer, au bout d'une de ses petites feuilles vertes et plates dentelée, une magnifique fleur blanche, d'une beauté émouvante à couper le souffle, ouverte dans tous les sens comme une offrande à la vie.
    Un vrai miracle de la nature  Ce Schlumbergera est une plante endémique provenant d'une petite zone des montagnes côtières du sud-est du Brésil, elle m'a toujours accompagné dans mes différents habitats. 
    Je veux croire qu'il s'agit d'un signe d'espérance: après ce coronavirus 19 venu du tréfonds de la terre
    - et non pas tombé du ciel comme certains le disent- , qui aurait d'abord trouvé refuge sur le corps de chauffe-souris asiatiques puis définitivement dans les poumons des hommes, cette fleur prouve que la nature a plus d'imagination que nous en nous poussant à avoir confiance.
    Ce qu'aucune nation n'a pu être capable de changer en matière d'écologie, un virus microscopique et ...une fleur de Schlumbergera pourront-ils enfin décider l'humanité à modifier son mode de vie ? 

  • Ankycose et prostration

    Douce ankylose. Tranquille prostration. Légèreté de l'être au centre d'une nature comme en suspens. Le monde semble figé. Le paysage est une aquarelle. Les pavillons, blanc, ocre, toitures d'ardoises ou de tuiles, jaune, brun, orange enserrées dans des bouquets d'arbres, sagement agencées, sans un souffle. Dans une fine brume. Et ce château avec ses deux cônes en forme de bonnets d'âne, au sommet de la colline d'un vert tendre, en clignant mes yeux paresseux: mélange de bleu et de jaune, quel est ce château?
    Pas un bruit. Rien de possible, rien de réel. Pourtant tout semble encore possible. Les rues sont désertes. Les gens sont murés, silencieux, s'évitent, ne même pas se toucher. Il reste la radio, la télévision, elles fonctionnent: restez chez vous lance d'une voix impérative les autorités qui nous gouvernent, nous sommes en guerre. Un ennemi souterrain aérien invisible envahit nos poumons, nous asphyxie. Le décompte macabre des morts, 7000 chez notre voisin italien, presque autant en Espagne, 2000 chez nous, en plus des 1700 habituels et quotidien mais  remplacés par les nouveaux-nés, vingt mille morts dans le monde, des millions de gens atteints. Spectacle en boucle des avenues de toutes les capitales du monde: le désert total. Pour les besoins d'un film de science fiction à l'échelle planétaire? Non, la nouvelle réalité. 
    Cerné? paniqué? Non, télé et radio éteintes,- j'ai encore cet immense pouvoir:-  douce ankylose. Tranquille prostration. Légèreté de l'être au centre d'une nature comme en suspens. Sourire de béatitude, mots d'amour à mes plantes et à mes arbres, frissons et caresses échangés. Sur un nuage vagabond, je lis le mot espérance. La communion est retrouvée.