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Journal Extime de Max Memmi - Page 30

  • L'élégance de l'hiver...


    Dans quatre jours et sept heures, l'automne cédera la place à l'hiver pour trois nouveaux mois, les règnes des saisons sont en effet très courts, puisque l'année ne concède qu'un seul petit  trimestre à chacune des saisons...En attendant, après avoir sorti ses griffes, le temps d'une petite répétition, l'hiver a l'élégance de se montrer discret...Et l'automne joue du trombone entrainant la valse des feuilles ravies de leur autonomie, la terre se gorge et s’enivre de pluie alors que le ciel noir menace encore de se rompre fragilisant les immenses chênes dont les racines dénudées menacent leur fondation.

    il s'agit là d'un petit texte qui vient de naître de la contemplation de la nature qui s'offre à moi , devant la baie vitrée de mon bureau et qui semble me prendre à témoin de la vie intérieure qui l'agite, tel un gigantesque être humain digne de Vishnou, ce dieu de la stabilité du monde qui entretient la vie et la création.

  • L'épopée de Gilgalmesh

    Je reviens sur la note précédente où il était question de Gilgalmesh.

    Jean Daniel le situe à deux mille ans avant Jésus-Christ. Gilgamesh est connu pour son célébre épopée (où se trouve le premier récit du déluge) qui a d'abord été connue par les tablettes de la bibliothèque d'Assurbanipal à Ninive puis, par la suite, de nombreux fragments de toutes les époques ont complété ce texte magnifique texte.

    Gilgamesh héros sumérien, roi d'Uruk, du IIIe millénaire (selon le dico Hachette) est l'un des principaux héros de la mythologie mésopotamienne. D'après le Petit (sic ! s'agissant d'un gros volume de 2000 pages de grande dimension, 20 sur 30) Larousse illustré, ses poèmes épiques mésopotamiens sont rassemblés en un récit unique vers le XVIIIe s.av.J.C, appelé l'épopée de Gilgamesh, du nom d'un roi plutôt légendaire d'Ourouk. Ouf !

    Enfin, ayant moi-même il y a une dizaine d'années découvert cette belle histoire traduite par Bottero et diffusée dans un ouvrage édité par Gallimard en 1992, j'ai emprunté récemment une phrase "La vie sans fin que tu cherches, tu ne la trouveras pas!" pour l'introduction du chapitre 21 intitulé "Le voyage" qui débute à la page 128 de mon dernier roman", Les chemins croisés du corps et de l'esprit.

  • Le bien et le mal.

    Dans son éditorial "L'amère leçon d'un passé", (Le nouvel obs du 4 au 10 octobre  Jean Daniel écrit, je cite : "On a envie de faire comme Gilgamesh, deux mille ans avant Jésus-Christ, et de demander à Dieu pourquoi il a cru devoir prodiguer aux hommes tant de richesses et de voluptés tout en les condamnant à ne pas en profiter. Les scènes de guerre sont terribles, en ce sens qu'elles conduisent à évoquer une malédiction. Chaque fois que les choses semblent pouvoir s'apaiser, la passion des hommes ou la fatalité des événements viennent pulvériser toute espérance. Pendant ce demi-siècle, les manteaux de la mort ont rarement cessé de voiler le soleil." Fin de citation.


    Je ne résiste pas à l'envie de faire plusieurs remarques :


    1 / Je ne savais pas Jean Daniel croyant, mais connaissant bien son œuvre, il est vrai qu'une forme de religiosité ou plutôt de spiritualité n'est jamais absente dans ses livres, et l'homme, né Jean Daniel Bensaïd et 11ème enfant d'une famille d'origine Berbère judaïsée, semble en permanence très interpellé par les différentes religions et le christianisme en particulier. Cf son essai remarquable: édité en 1996 par Arléa": Dieu est-il fanatique ? Essai sur une religieuse incapacité de croire"


    2 / Sa réflexion n'est-elle pas un peu naïve ? Surtout sous la plume d'un homme aussi érudit ? Car cette réflexion est vieille comme le monde, tous les Hommes dans le temps et dans l'espace, et, quelle que soit leur culture, se sont posés cette question lancinante, sans jamais trouver la moindre réponse.


    3 / Si on est croyant, n'est-il pas plus raisonnable de se dire que Dieu, ayant fait ses créatures à sa propre image, leur a prodiguées des pouvoirs immenses mais leur a offert surtout en plus de pouvoir disposer du libre arbitre.
    Si on n'est pas croyant, tout raisonnement sur le bien fondé de l'existence du bien et du mal n'est que pure foutaise, tant que l'Homme détient en lui cette part d'animalité. Je parle de cet étrange cerveau reptilien. Combien d’écrivains, de philosophes surtout, croyants ou non,  se sont cassés le nez sur cette question.


    4 / et enfin pour ceux qui aimeraient aller plus loin, je conseille la lecture de l'ouvrage, ô combien riche et flamboyant de Serge Lancel sur Saint-Augustin édité par Fayard en 1999, où l'on verra que cette théorie du bien et du mal se lie , au niveau de l'agir, à la manière de l'ombre et de la lumière, et que le mal serait subordonné au bien, qui, seul, procède de l'énergie divine, la mal n'étant donc efficient que par le bien qu'il recèle...

  • Sarkozy , la frustration de Matignon

    Je crois que ce qui a manqué le plus à Sarkozy , c'est de ne jamais avoir été nommé 1er ministre . En cinq ans, il s'est donc comporté comme ce premier ministre qu'il n'a jamais été. Son agitation, son besoin d'être toujours et partout et sur tous les terrains montrent à l'évidence qu'il entend se substituer au premier ministre ; au terme de la Constitution, c'est le 1er ministre qui conduit la politique du gouvernement , or il est clair que Sarkozy ne l'entend pas de cette oreilles, car s'en rend-t-il compte ou non, pendant tout son quinquénat, il a laissé peu de place à son premier ministre, lequel ne s'est jamais beaucoup rebellé, ou du moins publiquement, même si ses proches savent très bien qu'il a beaucoup souffert d'être réduit à un simple collaborateur ( pour reprendre l'expression utilisée par Sarkozy lui-mêmeà)  c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a finallement conservé monsieur Fillon , cet homme discret à l'extrème , qui , selon des collègues du gouvernement aurait gagné le surnom de grand taiseux.
    Mais revenons à Sarkozy et à ma thèse du 1er ministre frustré : 1 / c'est un secret pour personne qu'il déteste Fillon parce que officiellement il occupe la place dont Sarkozy a toujours rêvée, 2 / dés la première année de son rêgne, il a pris possession des appartements de La lanterne , traditionnellement réservés au premier ministre 3 / contrairement aux cinq présidents de la cinquième république qui l'ont précédés, il déteste s'enfermer à l'Elysée et il affiche de façon bien ostentatoire son mépris de l'étiquette.
    4 / aux conseils de ministres , il tutoie les autres ministres comme des collègues et envoie le premier d'entre eux dans les oubliettes . 5 / Enfin il n'a jamais toléré d'être remplacé en tant que Président de l'UMP et pendant tout son quinquénat il a multiplé les réunions avec son seul clan , comme un premier ministre, oubliant toujours qu'il avait été élu pour être le Président de tous les français.

  • Du culte de la personnalité et de ses perversions

    Il faudrait qu'un grand journal prenne l'initiative de lancer un appel à tous les médias pour que le nom de Nicolas Sarkozy ne soit plus écrit dans la presse ni prononcé dans les autres médias au moins , par exemple , pendant une semaine . Nous sommes dans un état de sur-saturation de lire et surtout d'entendre son nom à longueur de journée comme le font la plupart des journalistes en appuyant de manière grotesque sur son prénom comme si cela devait représenter un intérêt quelconque pour les simples citoyens que nous sommes . Certes , il s'agit de notre Président de la république et à ce titre, il agit et conduit les affaires de notre pays , il est donc normal que les médias en parlent et même quotidiennement , mais pourquoi ne pas écrire et dire simplement le président de la république ?

    Cette remarque vaut d'ailleurs également pour tous les autres acteurs qui tirent les ficelles de notre vie dans tous les secteurs : est-ce vraiment nécessaire de privilégier les noms des intervenants , souvent du reste au détriment des fonctions qu'ils occupent ?

    Il est vrai que cette habitude de mettre en avant les hommes plutôt que leurs fonctions n'est pas propre à la France ; partout l'homme a besoin d'un chef, voire d'une idole à vénérer , le culte de la personnalité semble incontournable, il me fait admettre , même si cela m'agace prodigieusement, que pourvoyance et dépendance ont toujours fait bon ménage . Ne dit-on pas de ceux qui admirent certains artistes ou sportifs ( on dit aujourd'hui des vedettes, ou plutôt des stars  ! ) qu'ils sont des fans ? Et oublie-t-on que fan est le diminutif de fanatique ? N'est-ce pas effrayant ?

    En revanche , ceux qui soutiennent et encouragent toujours les les sportifs d'une même équipe dans les stades sont appelés des supporters , le sens du mot supporter ne prête-t-il pas à sourire ?