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  • il y a seulement 5 semaines, pour mémoire...

    Je classe et je trie mes journaux qui s'accumulent. Je m'arrête sur le n° de Libé daté du jeudi 12 mars qui titre en première page en très gros caractères: "Municipales à Paris, la guerre des trois aura bien lieu.
    Et bien non, puisque quelques jours plus tard au lendemain du 1e tour, Agnès Buzyn annoncera qu'elle jette l'éponge en regrettant d'avoir participé à "cette mascarade" en plein épidémie du Coronavirus.
    Où en était cette épidémie ce 12 mars ? La réponse se trouve à la page 12: "la France compte désormais 2281 malades et dénombre 48 morts soit 15 de plus en une journée."
    Mais avec l'accord des présidents des deux chambres et de tous les partis, y compris naturellement des partis de l'opposition, le vote pour le 1e tour des élections municipales est maintenu, Christian Jacob, Président du parti LR se dit furieux ( il parle même d'un coup D’État) qu'on puisse songer à annuler cette élection.
    A peine 5 jours plus tard, soit le 17 mars, le président de la République annonce un confinement totale de toute la population y compris écoles et commerces( sauf alimentaires et de toutes premières nécessités).
    Malgré cette décision totalement inédite dans l'histoire de la France moderne, le 19 avril, soit à peine 5 semaines plus tard, plus de 100.000 cas contaminés avérés, ( en réalité infiniment plus) 30.000 hospitalisés dont 5500 dans un état grave et 20.000 morts.
    On reste tous encore abasourdi devant la puissance de propagation de cette épidémie et au fond de nous, on reste sceptique et quelque peu inquiet à l'annonce de cette levée du confinement, même partielle, même progressive,  prévue dans 3 semaines.
    Ah, j'oubliai, page 6 du même N° de Libé du 12 mars, je lis: " Le président des États-Unis conteste l'ampleur du Covid 19 et minore complétement son impact, il est vrai que ce jour-là, on ne dénombrait que 29 morts. Aujourd'hui : le nombre est de 40.000 et il augmente de plusieurs milliers chaque jour, mais Donald Trump persiste et signe et appelle à la rébellion des américains contre le confinement imposé par les maires et les gouverneurs.


  • La mort des livres

    Hier, en allant, comme je le fais de temps à autres, déposer dans la boite à livres qui se trouve à côté de ma mairie les quelques bouquins que je ne désire plus voir dans ma bibliothèque ( mais si,hélas, il y en a qui me deviennent indésirables et qui au moins intéresseront d'autres lecteurs) je jette un œil sur ceux qui reposent là sagement en attendant qu'ils soient adoptés. Et il m'arrive d'être attiré par un que je ne connais pas, ou que je possède mais dans une autre édition, et s'il est dans un excellent état, je décide de l'emporter. Aujourd'hui, j'ai découvert un petit livre éditée par Larousse en 2002 dans la collection poche jeunesse : c'est simplement le titre qui m'a interpellé, très prémonitoire: Virus L.I.3 ou la mort des livres. L'auteur Christian Grenier né en 1945 auteur d'une cinquantaine de romans pour la jeunesse et fou de science-fiction.
    Je vous livre le texte de la 4e de couverture: " Face à la tyrannie des lettrés qui ont interdit tous les ordinateurs au profit du livre, les zappeurs propagent un virus qui efface définitivement les mots au fur et à mesure qu'ils sont lus."
    Et je vous cite les premières lignes du roman: " les livres ont commencé à mourir au début du XXXe siècle. A mes yeux, leur agonie a vraiment débuté ce soir d'été où trois délégués de l'Académie européenne sont venus frapper à ma porte. Je me souviens de ce moment-là comme si c'était hier. La nuit venait de tomber sur Paris, une nuit violette et limpide: l'année précédente, on avait interdit les rues à tous les véhicules non prioritaires, si bien que que du 27e étage de mon petit appartement, je pouvais apercevoir à l'horizon les étoiles qui se mêlaient aux lumières de la ville. " fin de citation.
    J'ai lu hier soir le livre avant de me coucher, c'est frais et gentil, mais le thème pourrait donner lieu à un beau roman en 2020 en s'inspirant des terribles événements que nous vivons: nous obliger à jeter tous nos livres - que de toutes façons plus personne ne lit au profit des ordinateurs et de la télévision-  dans d'immenses bennes, afin qu'ils soient transformés en pâte à papier pour servir à fabriquer des masques de protection contre le virus, et cette idée stupide en m'endormant a provoqué un méchant cauchemar la nuit dernière. Me priver de mes livres: l'horreur absolue.