Il y a seulement un mois, le 4 mars exactement, tous les médias commentaient encore les prochaines élections municipales, les suites du recours au 49-3 par le gouvernement pour en finir avec les dizaines de milliers d'amendements déposés principalement par les députés de la France insoumise afin de retarder au maximum l'adoption du projet de loi sur la réforme des retraites, la motion de censure rejetée et le texte adopté, les efforts du Sénat pour obtenir un délai supplémentaire de 15 jours, la déclaration de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation affirmant que la fermeture générale des écoles n'aurait pas de sens, enfin que devant la hausse des cas de coronavirus ( 204 cas et 3 décès) les rassemblements de plus de...5000 personnes en milieu confiné seraient désormais interdits, ce qui signifie que jusqu'à la décision du confinement général, ( il y seulement 3 semaines ! ) toutes les salles de spectacles et tous les plateaux de jeux télévisés, ont continué de recevoir des centaines, voire des milliers de personnes.
Seulement exactement un mois plus tard, aujourd'hui samedi 4 avril, on recense en France parmi les probables centaines de milliers de gens contaminés: 6662 cas graves atteints par le covid 21 et actuellement en réanimation et 6507 décès ( dont environ 1500 en hépad) dont 83% avaient plus de 70 ans, 641 de plus durant ces derniers 24h.
En un mois ! on croit rêver ! Et on nous dit qu'on ne serait qu'au milieu du temps de cette épidémie, dont on espère tout de même que le pic serait atteint dans une huitaine de jours. Mais notre confinement devrait à l'évidence continuer jusqu'à au moins fin avril.
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Patrick Modiano
Les libraires et les médiathèques ayant fermé leurs portes pendant cette période de confinement, je parcours les rayons de mes propres bibliothèques à la recherche d’un livre que j’aimerais relire ou que peut-être je n’ai jamais encore lu, ce qui est tout à fait possible. Depuis très longtemps déjà, j’ai pour habitude, quand je vais chez mon libraire, de ne jamais sortir avec un seul livre. Je pioche ici et là, et me laisse toujours tenter par deux ou trois livres en même temps. Une vraie gourmandise. Moralité : j’avoue que j’arrive d’en oublier certains sur un des rayons de mes bibliothèques. Un vrai crime, je le sais, car je l’ai soustrait d’une librairie, (lieu vivant fréquenté par des gens qui aiment lire, comme moi dont c’est depuis toujours le principal loisir) pour l’abandonner chez moi.
Enfin ces « oublis » ont finalement un bon côté, puisque dans les semaines qui ont suivies les lourdes opérations chirurgicales que j’ai subies ces dix dernières années et à présent en ces temps sombres au goût d’irréalité, où nous sommes astreints à un confinement forcé, pour notre survie, ma réserve de livres est une bénédiction.Et à ces livres que j’achète, s’ajoutent les nombreux livres que l’on m’offre, pendant mes hospitalisations et à l’occasion de Noël et de mon anniversaire. Ainsi ce livre volumineux de la collection « Quarto » édité par Gallimard qui contient le texte de 10 romans de Patrick Modiano, 1084 pages, sorti en librairie en 2014, la même année où Modiano a obtenu le prix Nobel de Littérature. Quand un écrivain obtient une telle distinction (la plus prestigieuse au monde), ses livres sont tous (ou presque) réédités.
J’avoue quant à moi que je n’ai jamais été très attiré par les romans de Modiano. Et que ce Nobel m'avait bien surpris, alors que celui attribué à Le Clézio que j'aime m'avait paru bien mérité. J’avais lu il y a de très nombreuses années un ou peut-être bien deux livres de Modiano, mais ils m’avaient tellement ennuyé à l'époque que j’avais renoncé à en lire d’autres.
Mais depuis ces 18 jours, pendant cette période de confinement, j’ai décidé de m’accrocher. J’ai lu en premier : "Pedigree," le 8e de la liste des 10 romans édité en 2005, et ô surprise, je l’ai lu – non pas avec plaisir- mais avec un certain intérêt pour cette vie chaotique racontée, comme un récit totalement autobiographique, à la première personne sans aucun fard, de sa naissance jusqu’à ses 23 ans date de la publication de son premier roman : « La place de l’étoile. »
Pedigree est le récit saisissant et quelque peu pathétique de la vie d’un enfant, puis d’un jeune homme complètement laissé à lui-même par des parents aux destins hors du commun, ce qui a permis à Patrick Modiano d’acquérir une maturité très précoce en vivant par ailleurs des » aventures » extravagantes, parents et aventures qui nourriront une bonne partie de son œuvre.
J’ai ensuite lu : « Livret de famille, » ( 3e de la liste édité en 1977) mais ce livre m’a beaucoup moins intéressé que le précédent : des anecdotes successives ou plutôt des moments de la vie de Modiano, sans aucun liens entre eux : allez, j’avoue que ce « roman » qui n’est encore qu’une suite autobiographique, m’a finalement ennuyé.
Pourtant je ne vais pas me décourager et je décide de lire tous les autres textes. Ce soir je commence : « Villa triste, » 1e de la liste publié en 1975.
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Les flocons de neige
Le printemps avait bien commencé par des journées bien ensoleillées et une température très douce. Voilà qu'à deux jours du 1e avril, l'hiver revient et nous gratifie même de quelques jolis flocons de neige, très légers certes qui n'atteindront donc pas le sol, qu'en déduire? La nature est bien déréglée, mais est-ce si nouveau que cela? Je n'en suis pas sûr.